Pourquoi les gaz de schiste, ce n’est pas fini !

Écrit par le 17 septembre 2012 dans <Actualité> - 2 Commentaires

Pétrole de schiste en Ile-de-France : pourquoi le Bassin parisien est-il toujours en danger ?
Pourquoi est-il faux de dire que « la France ferme la porte aux gaz et huile de schiste » ?
Réaction des collectifs citoyens à l’annonce de François Hollande.

Paris, le 17 septembre 2012

« Gaz de schiste, c’est terminé ? ». C’est ce que le discours du Président de la République à la Conférence
environnementale de ce week-end laissait croire. Pourtant, au-delà de l’effet d’annonce escompté, il n’a évoqué
que le rejet des 7 demandes de permis en cours d’instruction. 7 sur combien ? Qu’en est-il des autres projets ? Au
vu du raccourci fait par presque tous les medias entre « les 7 demandes rejetées» et « la fin des gaz de schiste »,
un exercice de calcul s’impose.
Afin de clarifier le propos, les collectifs mobilisés contre l’exploitation du pétrole (huile) de schiste dans le Bassin
parisien tiennent à porter à l’attention du public et de la presse les précisions suivantes :
Tout d’abord, notez que les 7 demandes rejetées étaient des demandes de nouveaux permis et non pas des permis
accordés. Le rapport « Les Hydrocarbures de roche mère en France » publié en mars 2012 par le CGIET et le
CGEDD identifie clairement 39 autres demandes de permis de recherche portant sur l’exploration d’huile et de
gaz de roche mère (elles étaient donc 46 avant l’annulation annoncée le 14 septembre). Cette liste peut être
consultée en ligne : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Annexes_rapport.pdf. Aucune annonce
n’a été faite concernant les 39 demandes restantes.

Quant aux permis de recherche déjà accordés, au 1er janvier 2012, 64 étaient en validité (dont le permis des Moussières

qui impacte notre département, et celui du Jura). Nicolas Sarkozy en
abroge 3 (Nant, Montélimar et Villeneuve de Berg), ce qui en laisse 61 permis, dont la documentation peut être
consultée sur http://www.nongazdeschiste.fr/index.php/savoir-lessentiel/173-les-permis/64-liste-des-permisexclusifs-
de-recherches-dhydrocarbures-liquides-ou-gazeux-titres-miniers-dexploration. Ils sont toujours en cours
de validité.
Pour ce qui concerne le bassin parisien1,
- Dans le bassin parisien, il n’y a pas de gaz de schiste, mais du pétrole de schiste (huile de roche mère),
- Les territoires menacés par l’exploration de l’huile de roche mère sont concernés par :
-  des permis de recherche accordés par M. Borloo en 2009 et pour lesquels des demandes de travaux ont
été accordées par la préfecture (par exemple le permis de Château Thierry et les demandes de travaux
accordées à Doue),
-  12 nouvelles demandes de permis en cours d’instruction,
-  des concessions d’exploitation accordées il y a longtemps et sur lesquels les compagnies peuvent faire des
recherches. Certaines d’entre elles ont déjà demandé et obtenu des autorisations de travaux portant sur des
forages profonds (3000 mètres) et horizontaux dont la cible est clairement la roche mère. C’est
probablement là que le danger est le plus immédiat (exemple de la concession de Nonville).
Par ailleurs, tant que la loi du 13 juillet (dite loi Jacob2) n’est pas modifiée, les forages profonds à titre
d’expérimentations scientifiques ne sont pas formellement interdits en France. C’est de cette façon que des
travaux doivent recommencer cet autonome en Seine-et-Marne (notamment à Doue).
Enfin, contrairement à la position du PS 2011, celle qui a motivé le refus du vote de la loi du 13 juillet par les
députés socialistes3, dans ses déclarations, François Hollande Président ne s’oppose qu’à la fracturation
hydraulique et ne ferme en rien la porte à d’autres techniques en cours d’expérimentation (fracturation
pneumatique, fracturation par injection de propane gélifié, etc.).
Pour toutes ces raisons :
- Nous demandons aux journalistes et agences de presse de vérifier leurs sources avant de titrer « c’est la
fin ». Un erratum de toutes les annonces faites dans les 3 derniers jours serait plus que bienvenu, au
risque de laisser les citoyens dans l’erreur.
- Nous appelons à maintenir et à renforcer la mobilisation jusqu’à l’abrogation définitive de TOUS les
permis accordés, le rejet de TOUTES les demandes de permis en cours d’instruction et
l’interdiction, sanctionnée par le législateur, des forages pétroliers expérimentaux à grande
profondeur, y compris quand ces derniers sont menés sur des concessions déjà accordées.
Le 22 septembre, plusieurs mobilisations auront lieu simultanément :
http://aldeah.org/fr/rue-des-mobilisations-22-septembre
*  À Tournan-en-Brie (77) à 14h30 (parc de Combreux, RER E). La mobilisation sera précédée par
l’inauguration symbolique du premier forage intramuros à Paris.
*  À Aix les Bains (74) – information sur http://accueil.ngds74.info/pages/MANIFESTATION-AIX-LESBAINS-/-
22-Septembre-2012,
*  À Saint Christol lez Alès (30)
* À Beaumont de Lomagne (82)
NON AUX GAZ ET PÉTROLE DE SCHISTE ET DE HOUILLE,
NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD’HUI NI DEMAIN
Collectif citoyen Ile-de-France « Non aux gaz et pétrole de schiste », Collectif Carmen, Collectif Briard, Collectif
Sud 77 Stop-pétrole-de-schiste, Non au pétrole de schiste Bocage gâtinais, Collectif 92

 

 

1 Du point de vue géologique, le bassin parisien est une zone d’environ 110 000 km carrés (chiffre retenu par l’Amicale des
Foreurs). Cette zone est constituée de plusieurs régions : l’Île-de-France, la Picardie, la Champagne Ardennes, le Centre, la
Basse et la Haute, l’Yonne et la Sarthe.
2 Loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 publiée au Journal Officiel du 14 juillet 2011
3 Dans l’exposé des motifs, les députés socialistes qui ont présenté cette proposition – parmi lesquels Jean-Marc Ayrault,
Arnaud Montebourg ou Aurélie Filippetti – assurent : »Le texte adopté n’interdit nullement l’exploration et l’exploitation
d’autres hydrocarbures non conventionnels. Il interdit simplement la fracturation hydraulique […] Or, d’autres techniques
existent et sont aussi impactantes pour l’environnement que la technique interdite par le texte. ». Source : Gaz de schistes :
Hollande ferme la porte à la fracturation hydraulique. Le Monde.fr | 14.09.2012

2 Commentaires pour "Pourquoi les gaz de schiste, ce n’est pas fini !"

  1. Cris
    Cris 19 septembre 2012 à 11 h 10 min · Répondre

    CONTINUONS DE DIRE STOP A L’INTOX, voilà des faits :

    Données intégrant l’octroi de la concession juste avant le deuxième tour des présidentielles (-1 permis, +1 concession) et un ratissage de la carte interactive du MEDDE, recoupées informellement avec le BEPH, données à 98%.

    Demandes : 97
    dont 43 au moins non conventionnelles (huile de schiste et/ou gaz de schiste)
    dont 14 sont en attente d’octroi (lettre d’acceptation préalable, projet d’arrêté d’octroi) la plume de Jean-Marie Abadie est au-dessus des papiers.

    Parmi ces 14 : 4 sont identifiées non conventionnelles et font pas partie des annonces de rejet.

    7 non conventionnelles +1 demande annoncées comme rejetées par François Hollande le vendredi 14 septembre.

    Soit : 97 demandes dont au moins 43 non conventionnelles

    Permis d’exploration : 60

    61 en métropole dont au moins 13 NC

    04 en Outre-mer

    Concessions : 64

    NON CE N’EST PAS FINI.

    AlainR

  2. Jean-Claude 30 avril 2013 à 13 h 16 min · Répondre

    Il y a de tels enjeux commerciaux que le sujet semble être amené à être reposé indéfiniment. Pourtant on connait très bien les dégâts causés. Le résistance va être de longue haleine.

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