Après l’immense mobilisation populaire du printemps 2011 contre l’exploitation des gaz et huiles de schiste, qui a abouti à la loi de juillet 2011 sur l’interdiction de l’usage de la fracturation hydraulique (sans la définir !!) et à l’abrogation à l’automne 2011 de 3 permis (sur 64 à l’époque), on assiste depuis quelque temps à une importante contre-offensive des industriels pétroliers.
Recours administratifs, multiplication des relances de dossiers en DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), offensives médiatiques, et recours pour récupérer le permis de Montélimar pour Total et de Villeneuve-de- Berg et Nant pour Schuepbach Energy, sont des faits très inquiétants.
Et cela continue : 14 nouvelles demandes de permis ont été déposées. Les préfectures du Gard et de l’Ardèche ont fait publier dans les quotidiens locaux les arrêtés accordant les permis de la Plaine et Bassin d’Alès, confirmant ainsi l’imminence des travaux.
Autre fait inquiétant, la surreprésentation du lobby pétrolier dans la commission d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation, mise en place le 21 mars 2012 par le décret n°2012-385 pour émettre des avis publics sur les conditions de mise en oeuvre des expérimentations de recherche (la loi de juillet 2011 autorisant la fracturation hydraulique à des fins de recherches scientifiques !), « Coïncidence surprenante », les conclusions d’une autre commission interministérielle sur les gaz et huiles de schiste paraissant en parallèle et qui préconisent le lancement d’un programme de « recherche scientifique » sur les techniques de fracturation hydraulique et leurs impacts environnementaux.
Au Parlement Européen, les lobbies gaziers s’activent également à grand renfort d’experts !
Après un rapport de la commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire (juillet 2011) qui reconnaissait que l’exploitation des gaz de schiste avait de forts impacts sur l’environnement et la santé publique, il sort en 2012 un projet de rapport qui va en sens contraire : « L’U.E. n’a pas besoin de nouveaux règlements sur le gaz de schiste et son exploitation n’est pas dangereuse pour l’environnement. » Il est fort à craindre que le Parlement européen ne s’appuie que sur ce document pour voter sa position officielle à la rentrée 2012 !
Une coalition d’ONG a aussitôt réagi et interpellé le Parlement Européen pour lui demander d’interdire toute exploitation de gaz de schiste au sein de l’Union Européenne.
Dans ces conditions, les citoyens que nous sommes doivent rester extrêmement mobilisés, actifs, et particulièrement attentifs aux positions du nouveau gouvernement et de la prochaine Assemblée Nationale, d’autant que l’éviction de Nicole Bricq constitue un signal d’alarme de taille !



